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France · Question · Question au Gouvernement

2530

Question 2530 — Union européenne

answeredFrance· National Assembly· FR

Introduced

—

Last action

4 February 2015 · Réponse

Status

répondue

Sponsors

—

Subjects

Discovery layer

Source updated

4 February 2015

Records

Official question 2530 from France at National Assembly. Status: répondue.

Timeline

  1. 4 February 2015

    Réponse

    RÉORIENTATION DE LA POLITIQUE EUROPÉENNE M. le président. La parole est à M. Jean-Jacques Candelier, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine. M. Jean-Jacques Candelier. Monsieur le Premier ministre, la semaine dernière, notre groupe vous a interpellé sur la nécessité d'une alternative à l'austérité en France et en Europe. Au-delà de quelques considérations sur la victoire de la gauche antilibérale en Grèce, vous n'avez pas répondu sur le fond. Pourtant, l'alternative à l'austérité prend de plus en plus d'ampleur en Europe. Samedi, en Espagne, le parti Podemos a réuni une foule considérable au nom d'une autre Europe et d'une autre politique. L'avènement de tels mouvements est la réponse des peuples aux humiliations et aux injustices imposées par l'Europe des marchés. Il porte l'espoir d'une réorientation fondamentale de la construction européenne. Les partis et gouvernements de gauche, partout en Europe, font face à une responsabilité historique : celle de changer le cap de la construction européenne en amorçant une politique ambitieuse de relance et en desserrant l'étau budgétaire. Ce week-end, le ministre des finances grec a rencontré son homologue français et lui a rappelé que « tout ceci n'est pas qu'une crise grecque. Nous avons l'Italie dont la dette n'est pas viable, la France qui sent le souffle de la déflation sur sa nuque, même l’Allemagne est entrée en déflation ». Ce que le ministre grec conteste, c'est « le programme d'austérité mené jusqu'ici non seulement parce qu'il n'est pas bon pour la Grèce, mais parce qu'il est très mauvais pour toute l'Europe ». La création d'un fonds européen solidaire de développement économique, social et environnemental pour répondre aux besoins sociaux est indispensable. Face à cette responsabilité historique de la gauche en Europe, ma question est simple : allez-vous vous contenter de vous poser en arbitre entre l'intransigeance d'Angela Merkel et les mouvements de solidarité qui prennent de l'ampleur dans le Sud de l'Europe, ou allez-vous saisir l'opportunité de construire une autre Europe en soutenant publiquement la démarche du gouvernement grec ? M. le président. La parole est à M. le ministre des finances et des comptes publics. Un député du groupe UMP . Et du chômage ! M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics. Monsieur le député Candelier, en Europe, la France n’est pas arbitre, mais acteur, en particulier pour faire en sorte que la nouvelle majorité grecque, le nouveau gouvernement que le peuple grec s’est donné majoritairement, trouve totalement et complètement sa place en Europe. M. Pierre Lellouche. Vous êtes ridicule, monsieur Sapin ! M. Michel Sapin, ministre . Je ne suis pas quelqu’un qui commente, mais quelqu’un qui agit. (Vives exclamations sur les bancs du groupe UMP.) C’est ce que j’ai fait lorsque, dimanche dernier, à sa demande, j’ai rencontré le ministre grec des finances, qui a souhaité que nous travaillions ensemble. (Mêmes mouvements.) Pendant plus de deux heures, nous avons travaillé précisément sur la situation en Grèce et sur la capacité pour la Grèce de renouer, d’une manière générale, un dialogue nécessaire et confiant avec l’Europe, dont elle est une composante historique fondamentale. Avec le ministre grec, nous avons travaillé pour savoir comment rompre avec certaines images qui ont eu des conséquences très négatives pour la Grèce. Quand le Premier ministre grec dit que « la troïka, c’est fini », je peux parfaitement le comprendre, mais en même temps, je lui dis que ses interlocuteurs – nos interlocuteurs – sont la Banque centrale européenne, dont la Grèce a évidemment besoin, l’Union européenne, dont la Grèce est une composante, et même le Fonds monétaire international, à propos duquel le ministre grec a du reste rappelé à juste titre que son pays était présent à Bretton-Woods lors de la création de cette institution. Il y a des interlocuteurs avec lesquels la Grèce doit débattre et discuter. J’ai dit que je souhaitais que la France soit le trait d’union – et non pas l’arbitre – pour permettre que les préoccupations des Grecs soient prises en compte aujourd'hui dans le concert européen, par le dialogue, en construisant et en mettant en place un nouveau programme qui tienne compte, évidemment, du programme de ceux qui ont gagné ces élections, … M. Pierre Lellouche. Avec quel argent ? M. Michel Sapin, ministre. …car nous n'allons pas faire l'inverse de ce qu'eux-mêmes ont promis. Nous les accompagnerons. Nous sommes amicaux, nous sommes efficaces et nous avons la volonté que la Grèce réussisse dans une Europe unie. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

    Source: dateReponse

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