France · Question · Question écrite
7024
Question 7024 — intellectual property
Introduced
4 April 2023
Last action
5 September 2023 · Réponse
Status
répondue
Sponsors
—
Subjects
Discovery layer
Source updated
5 September 2023
Summary
L'ordonnance n° 2021-580 du 12 mai 2021 a transposé plusieurs dispositions de la directive 2019/790 du Parlement européen et du Conseil sur le droit d'auteur et les droits voisins dans le marché unique numérique qui améliorent la protection des droits des auteurs et des artistes-interprètes dans leurs relations avec les exploitants de leurs œuvres. Un nouvel article L. 131-5-2 a ainsi été introduit dans le code de la propriété intellectuelle (CPI) afin de consacrer pour tout auteur un droit de résiliation de plein droit de tout ou partie du contrat par lequel il a octroyé à un exploitant une cession ou une licence à titre exclusif en cas d'absence totale d'exploitation de son œuvre. En cas de pluralité d'auteurs, le droit de résiliation doit être exercé d'un commun accord. Comme les conditions d'exploitation des œuvres peuvent varier en fonction des secteurs, le code de la propriété intellectuelle renvoie aux acteurs professionnels le soin de mettre en œuvre ce droit de résiliation selon leurs pratiques et leurs usages et, en particulier, la détermination du délai à partir duquel l'auteur peut demander la résiliation du contrat. Ces accords professionnels sont susceptibles d'être étendus à l'ensemble d'un secteur dès lors qu'ils sont conclus entre acteurs représentatifs. À défaut d'accord dans un délai de douze mois à compter de la publication de l'ordonnance du 12 mai 2021, ces modalités sont fixées par décret en Conseil d'État. Une disposition similaire a été introduite en faveur des artistes-interprètes à article L. 212-3-3 du CPI. En ce qui concerne le champ de la disposition, les auteurs de logiciels sont expressément exclus du champ de cette disposition par la directive. article L. 131-5-2 ne s'applique pas aux auteurs d'une œuvre audiovisuelle. En effet, des dispositions spécifiques prévoient l'obligation pour les producteurs audiovisuels de « rechercher une exploitation suivie » de l'œuvre (article L. 132-27 du CPI) et paraissent davantage adaptées aux modalités d'exploitation des œuvres audiovisuelles. Par ailleurs, ce nouveau droit de résiliation doit s'articuler avec les dispositions de article L. 132-17-2 du CPI qui accordent d'ores et déjà un tel droit pour les auteurs ayant conclu un contrat d'édition. Dans ces secteurs, il n'est donc pas nécessaire de préciser les dispositions législatives dans le cadre d'un accord professionnel. Dans les autres secteurs, et conformément aux dispositions précitées, le Gouvernement a encouragé les acteurs professionnels à entamer des discussions en vue de parvenir à des accords définissant les modalités pratiques du droit de résiliation en cas d'absence totale d'exploitation. Des négociations sont actuellement en cours, notamment dans le secteur musical, mais n'ont, à ce jour, pas abouti malgré les efforts des différentes parties prenantes. Le Gouvernement continue de croire en l'importance de la négociation des professionnels. Néanmoins, en l'absence de résultats dans ces négociations et face au retard pris en conséquence dans l'adoption des mesures réglementaires complémenaires, le Gouvernement sera nécessairement amené à envisager l'adoption d'un texte règlementaire afin de rendre pleinement applicable un droit de résiliation qui renforce les droits des auteurs et des artistes-interprètes en leur permettant de mettre fin aux situations de blocage engendrées par la cessation de l'exploitation de l'œuvre.
Machine translation from French. The official text remains authoritative.
Timeline
4 April 2023
Question
Source: DateQuestion
5 September 2023
Réponse
L'ordonnance n° 2021-580 du 12 mai 2021 a transposé plusieurs dispositions de la directive 2019/790 du Parlement européen et du Conseil sur le droit d'auteur et les droits voisins dans le marché unique numérique qui améliorent la protection des droits des auteurs et des artistes-interprètes dans leurs relations avec les exploitants de leurs œuvres. Un nouvel article L. 131-5-2 a ainsi été introduit dans le code de la propriété intellectuelle (CPI) afin de consacrer pour tout auteur un droit de résiliation de plein droit de tout ou partie du contrat par lequel il a octroyé à un exploitant une cession ou une licence à titre exclusif en cas d'absence totale d'exploitation de son œuvre. En cas de pluralité d'auteurs, le droit de résiliation doit être exercé d'un commun accord. Comme les conditions d'exploitation des œuvres peuvent varier en fonction des secteurs, le code de la propriété intellectuelle renvoie aux acteurs professionnels le soin de mettre en œuvre ce droit de résiliation selon leurs pratiques et leurs usages et, en particulier, la détermination du délai à partir duquel l'auteur peut demander la résiliation du contrat. Ces accords professionnels sont susceptibles d'être étendus à l'ensemble d'un secteur dès lors qu'ils sont conclus entre acteurs représentatifs. À défaut d'accord dans un délai de douze mois à compter de la publication de l'ordonnance du 12 mai 2021, ces modalités sont fixées par décret en Conseil d'État. Une disposition similaire a été introduite en faveur des artistes-interprètes à article L. 212-3-3 du CPI. En ce qui concerne le champ de la disposition, les auteurs de logiciels sont expressément exclus du champ de cette disposition par la directive. article L. 131-5-2 ne s'applique pas aux auteurs d'une œuvre audiovisuelle. En effet, des dispositions spécifiques prévoient l'obligation pour les producteurs audiovisuels de « rechercher une exploitation suivie » de l'œuvre (article L. 132-27 du CPI) et paraissent davantage adaptées aux modalités d'exploitation des œuvres audiovisuelles. Par ailleurs, ce nouveau droit de résiliation doit s'articuler avec les dispositions de article L. 132-17-2 du CPI qui accordent d'ores et déjà un tel droit pour les auteurs ayant conclu un contrat d'édition. Dans ces secteurs, il n'est donc pas nécessaire de préciser les dispositions législatives dans le cadre d'un accord professionnel. Dans les autres secteurs, et conformément aux dispositions précitées, le Gouvernement a encouragé les acteurs professionnels à entamer des discussions en vue de parvenir à des accords définissant les modalités pratiques du droit de résiliation en cas d'absence totale d'exploitation. Des négociations sont actuellement en cours, notamment dans le secteur musical, mais n'ont, à ce jour, pas abouti malgré les efforts des différentes parties prenantes. Le Gouvernement continue de croire en l'importance de la négociation des professionnels. Néanmoins, en l'absence de résultats dans ces négociations et face au retard pris en conséquence dans l'adoption des mesures réglementaires complémenaires, le Gouvernement sera nécessairement amené à envisager l'adoption d'un texte règlementaire afin de rendre pleinement applicable un droit de résiliation qui renforce les droits des auteurs et des artistes-interprètes en leur permettant de mettre fin aux situations de blocage engendrées par la cessation de l'exploitation de l'œuvre.
Source: DateReponse
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- Guillaume Gouffier Valente · auteur
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- Official source: https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/questions/QANR5L16QE7024
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- france · QANR5L16QE7024 · source updated 5 September 2023