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Person

Julien Odoul

France

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Question· Question écrite15197open

Question 15197 — enseignement

France · National Assembly · 19 May 2026

M. Julien Odoul attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur l'effondrement du niveau scolaire des élèves français, documenté par les enquêtes de son propre ministère et par les évaluations internationales. Les chiffres sont accablants. Selon l'enquête nationale « Lire, écrire, compter » de la DEPP, le score moyen des élèves de CM2 en calcul est passé de 100 en 1987 à 70 en 2017, soit une chute de 30 % en trente ans. En orthographe, le nombre moyen d'erreurs en dictée est passé de 11 en 1987 à 19 en 2021. En 2021, un élève de CM2 sur deux ne parvient pas à écrire correctement le mot « aussitôt », contre un sur cinq en 1987. Plus inquiétant encore, 75 % des élèves de 2021 n'atteignent pas le score moyen de 1987 en dictée et 28 % commettent plus de 25 erreurs, contre 7 % en 1987. En calcul, 93 % des élèves de 2017 n'atteignent pas la médiane de 1987 et près de 60 % se situent dans le dernier décile des performances de 1987. Ce naufrage intérieur se traduit par un déclassement international sans précédent. Au classement TIMSS 2019 en mathématiques, la France se classe dernière de l'Union européenne avec un score de 485, derrière la Croatie, Malte et l'Espagne et 41ème sur 58 pays, au niveau des Émirats arabes unis et de la Géorgie. En 1995, la France affichait un score de 530, comparable à celui de la Suède. Trente ans plus tard, elle a été dépassée par la Lituanie, le Portugal et la Turquie. Au classement PISA en mathématiques, le score français a chuté de 511 en 2003 à 474 en 2022, soit une perte de 37 points équivalant à près d'une année scolaire de retard. La France est par ailleurs le 2e pays sur 77 en matière de bruit et de chahut en cours selon PISA 2018, le pire de toute l'Union européenne et de l'OCDE. La dégradation du climat scolaire, l'affaissement de l'exigence, l'abandon progressif de la transmission des fondamentaux au profit de pédagogies expérimentales, l'effondrement de l'autorité du professeur et la massification sans accompagnement ont produit un système qui ne remplit plus sa mission première : apprendre à lire, écrire et compter. Il lui demande si le Gouvernement mesure la gravité de ce déclassement, quand il entend rompre avec les politiques éducatives qui l'ont provoqué et quelles réformes structurelles il compte engager pour restaurer le niveau des fondamentaux, rétablir l'autorité et l'exigence dans les classes et mettre fin à trente ans de recul éducatif continu.

Question· Question écrite15155answered

Question 15155 — associations et fondations

France · National Assembly · 19 May 2026

M. Julien Odoul appelle l'attention de Mme la ministre de la culture sur les conditions dans lesquelles un spectacle organisé du 16 au 25 avril 2026 dans la chapelle Sainte-Jeanne-d'Arc, située dans le 14e arrondissement de Paris, a donné lieu à une incitation publique à la destruction d'un édifice patrimonial et sur les liens entre les organisateurs et la mairie du 11e arrondissement de Paris. Durant huit représentations, le collectif Cirque Fier.e.s a tenu un spectacle intitulé « Oh Wow! » au sein de cet édifice gothique, désormais rebaptisé chapelle Reille et intégré au tiers-lieu dit « Village Reille ». L'édifice, dans lequel la messe a été célébrée jusqu'en 2020, conserve l'intégralité de ses éléments architecturaux d'origine : vitraux néogothiques, crucifix, structure de l'autel. Au cours d'une représentation, la maître de cérémonie a déclaré devant un public conquis, en étant filmée : « Vous savez que la chapelle Reille ce n'est pas son vrai nom, en vrai c'est la chapelle Sainte-Jeanne-d'Arc et on va y mettre le feu ! ». Cette déclaration constitue une incitation publique à la destruction d'un bien immobilier patrimonial, susceptible de tomber sous le coup des articles 322-6 et suivants du code pénal réprimant la destruction par incendie, ainsi que de l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse réprimant la provocation publique à la commission de crimes ou délits. À ce jour, aucune poursuite n'a été engagée, alors même que les faits sont intégralement documentés par enregistrement vidéo. Le collectif Cirque Fier.e.s entretient par ailleurs des liens avérés avec la mairie du 11e arrondissement de Paris, dans les locaux de laquelle il s'est produit à plusieurs reprises au titre d'évènements officiellement soutenus par la municipalité, bénéficiant ainsi de subventions publiques. C'est donc avec le concours de l'argent du contribuable que l'on finance une troupe se permettant publiquement d'appeler à incendier un édifice placé sous le patronage de Jeanne d'Arc, figure majeure de l'histoire et de l'identité nationales. Il lui demande comment le Gouvernement justifie qu'une troupe appelant publiquement à incendier un édifice patrimonial continue de bénéficier de subventions publiques et quelles mesures il compte prendre pour mettre fin au financement par le contribuable d'appels à la destruction du patrimoine français.

Question· Question écrite15148answered

Question 15148 — anciens combattants et victimes de guerre

France · National Assembly · 19 May 2026

M. Julien Odoul interroge Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants sur les démarches engagées par le Gouvernement français en vue d'obtenir la présence d'un membre du Gouvernement algérien aux commémorations du 64e anniversaire du massacre d'Oran du 5 juillet 1962. Lors de la séance des questions au Gouvernement du 12 mai 2026, l'auteur de la présente question a interrogé Mme la ministre déléguée sur ce point précis. Cette interrogation est demeurée sans réponse, ce qui justifie sa réitération sous la forme d'une question écrite. Le 8 mai 2026, alors même que la Nation commémorait sur son propre sol le 81e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nationale-socialiste, Mme la ministre déléguée s'est rendue à Sétif pour participer à une manifestation commémorant les évènements du 8 mai 1945. Elle y a déposé une gerbe en hommage à Bouzid Saâl, militant indépendantiste tué par les forces de l'ordre françaises, en présence du ministre algérien des Moudjahidine et des Ayants-droit. Elle a publiquement salué « la présence d'un ministre algérien » comme « un fait notable » et a appelé à « regarder l'histoire en face ». Cette démarche, présentée par la présidence de la République comme un acte d'honnêteté mémorielle, n'a de sens que si elle s'inscrit dans une logique de stricte réciprocité, à la mesure des principes invoqués. Or l'histoire commune des deux pays comprend également des massacres perpétrés contre des Français, dont les victimes n'ont à ce jour reçu, de la part du gouvernement algérien, aucune reconnaissance officielle. Tel est en particulier le cas du massacre d'Oran du 5 juillet 1962, au cours duquel plus de 700 Européens, hommes, femmes et enfants, furent enlevés, torturés et assassinés par les commandos du FLN, alors que l'Algérie était indépendante depuis 48 heures. Ce drame, jamais reconnu ni commémoré par l'État algérien, constitue l'une des pages les plus tragiques de la fin de la présence française en Algérie. Le 64e anniversaire de ce massacre se tiendra le 5 juillet 2026. Si l'on entend, comme l'a déclaré Mme la ministre déléguée, « regarder l'histoire en face », cet exercice doit s'appliquer à toutes les mémoires sans hiérarchie et la réciprocité doit pouvoir se traduire concrètement à l'occasion de cette échéance. Il lui demande, en conséquence, quelles démarches diplomatiques le Gouvernement français a entreprises ou entend entreprendre, dans le délai utile avant le 5 juillet 2026, afin de solliciter officiellement la présence d'un membre du Gouvernement algérien aux commémorations du 64ème anniversaire du massacre d'Oran et, à défaut d'une telle démarche, quelles sont les raisons pour lesquelles le principe de réciprocité mémorielle, pourtant invoqué pour justifier le déplacement du 8 mai 2026 à Sétif, ne s'appliquerait pas à cette page de l'histoire commune des deux pays.